La France a obtenue hier la 302e et dernière médaille distribuée lors des JO de Pékin, avec la médaille d’or remportée par l’équipe de handball masculine.
Cela donne un total de 40 médailles, dont 7 d’or, 16 d’argent et 17 de bronze. La France bat ainsi son record de médailles, qu’elle obtient dans 16 disciplines différentes, un record là aussi pour la France. Cette diversité est aussi un atout pour le sport français. Là où le bat blesse, c’est pour le nombre de médailles d’or, seulement 7, qui explique le classement de la France, au 10e rang (alors qu’elle s’était classée 5e à Atlanta, 6 à Sydney, et 7e à Athènes). On ne vas pas être faux-cul comme les Américains, qui font semblant de ne pas avoir compris qu’ils se sont fait défoncés par les Chinois, en classant les nations par le nombre total de médailles (à ce classement là, la France est 7e). La France est donc bien 10e, derrière l’Italie ou le Japon, qui étaient pourtant largement à sa portée. On a failli dépasser l’Italie hier, qui marquait le pas après avoir très bien débuté, mais celle-ci à réussi à remporter une nouvelle médaille d’or en boxe, ce qui lui a permis de conserver son avantage sur la France, malgré 12 médailles de moins au total. Avec seulement 7 médailles d’or, la France était à la merci des Pays-Bas, de l’Ukraine ou de la Jamaïque (pays qui n’existe quasiment qu’à travers une seule discipline, le sprint). Là, il y a vraiment un problème qu’il va falloir résoudre. La France avait obtenu 15 médailles d’or à Atlanta, 13 à Sydney et 11 à Athènes.
Certes, la concurrence s’est intensifiée depuis le début des années 2000 et il est de plus en difficile de remporter un titre olympique. Il n’en reste pas moins que sur cette olympiade, le faible de nombre de médailles d’or de la France s’explique aussi par les échecs des leaders de la délégation française, ceux qui arrivaient comme favoris, avec un titre de champion(ne) du monde ou olympique en poche, ou qui par leurs performances laissaient espérer un titre olympique (Manaudou, Diniz, Baala, Riner, Estanguet, Jossinet, Flessel, Hardy, Touzaint). Certains semblent avoir craqué ou raté leurs jeux, ce qui explique le sentiment d’inachevé que l’on peut avoir, alors que l’équipe olympique dans son ensemble a réussi une belle prestation. Ainsi Tony Estanguet déclarait ce matin dans L’Equipe, “La dimension émotionnelle, la pression, la capacité à gérer l’attente portée sur nos performances ont mal été appréhendées, il y a des leçons à tirer“.
Pour le bilan global, ces jeux marquent le triomphe attendu de la Chine et la perte de pouvoir des Etats-Unis. Alors que les grandes nations traditionnelles que sont l’Allemagne et la Russie parviennent à se maintenir, on note la grosse perfomance de la Grande-Bretagne, qui fait un bon au classement, passant de la 10e à la 4e place. Les Anglais ont bien préparé les JO qu’ils organiseront en 2012. A noter que le profil de médailles des Britanniques puisqu’il est concentré sur quelques sports (cyclisme – sur piste en particulier – et sports aquatiques) que le pays est capable de dominer. Ainsi sur un total de 19 médailles d’or, la Grande Bretagne en a obtenu 8 en cyclisme (dont 7 sur la piste) et 7 dans les sports de navigation (4 en voile, 2 en aviron et 1 en canoë-kayak). Les 41 médailles gagnées se répartissent sur 12 disciplines. Le pari de concentrer les moyens sur quelques disciplines se révèle gagnant en particulier dans les sports où le rôle de la technologie est fondamental, comme dans le cyclisme sur piste. Pendant ces JO, les responsables français du cyclisme sur piste (traditionnelle place forte du sport français) ont bavé d’envie devant les moyens dont dispose leur concurrent britannique.
ça pose la question du modèle économique et sportif pour gagner des médailles. Au-delà de la réussite des britanniques dans les sports évoqués, on note que les JO font encore la part belle à des amateurs, à l’”artisanat sportif” (l’artigianato sportivo, comme disent les Italiens). Ce serait intéressant de connaître le nombre de policiers et de gendarmes parmi les médaillés Français. On parle beaucoup de professionnalisation du sport actuellement, avec par exemple la mise en place du pôle Lagardère. Faut voir. les Suédois ont fait se pari d’un resserrement de l’élite sur des petits groupes hyper-professionnalisés, en athlétisme notamment, ça ne les a pas empêchés de se planter dans les grandes largeurs lors de ces JO. Est-ce qu’on peut par exemple prétendre à la fois à une professionnalisation du sport d’élite et au maintien de la variété des discplines dans lesquelles la France gagne des médailles? Est-ce que ça induit un partage entre d’un côté des sports médiatiques rentables économiquement et les disciplines méconnues du grand public (tir à l’arc par exemple) qui elles cont continuer à être soutenues par le secteur public?
En tout cas, la plus médaille est pour moi celle obtenue par les handballeurs. L’équipe de France courait après ce titre depuis sa médaille de bronze des JO de Barcelone en 1992. C’est amplement mérité pour ce sport, qui parvient à se maintenir sans interruption au plus haut niveau depuis 15 ans, malgré le manque de reconnaissance (médiatique notamment) dont il pâtit. C’est pour moi le sport qui incarne le mieux la tradition du sport français, beaucoup plus que le football. Bravo aux handballeurs français. Ce serait bien que pour une fois, on utilise bien un grand succès de l’équipe de France pour développer et pérenniser ce sport.