février 5, 2008...3:22

España!

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Demain, l’Equipe de France de football (EdF) affronte l’Espagne en match amical à Marbella.

Pour moi, l’Espagne c’est le grand hiatus entre un football de clubs dominateur en Europe et une équipe nationale qui collectionne les grandes déceptions et est surtout championne de la loose (un point commun avec l’Angleterre). Elle se singularise aussi par une tradition de gardiens gaffeurs, tellement gaffeurs qu’ils arrivent même à donner leur nom à des figures de style aux conséquences fâcheuses – ci-dessous, la fameuse “arconada”, contre la France justement, en finale de l’Euro 84)

D’ailleurs, j’ai noté que plusieurs de mes amis partageaient ce sentiment que l’Espagne, quelle que soit la valeur intrinsèque des joueurs qui composent son équipe, n’arriveraient jamais à rien.

Mais d’où nous vient ce sentiment?

Pour nous les Français, héritiers d’une tradition d’Etat centralisateur et d’unité nationale autour de la langue et de valeurs politiques, il est clair que le nationalisme-régionaliste qui règne en Espagne constitue une cause de ce déficit de résultats de l’Equipe nationale ibérique. D’ailleurs ça expliquerait assez bien le hiatus entre les résultats des clubs et les résultats de l’Equipe nationale. En gros, les Espagnols mettent beaucoup de passion dans le Real ou le Barça mais par contre l’équipe nationale ils s’en tapent, que ce soit les supporters où les joueurs, et d’ailleurs l’équipe nationale est en permanence minée par les conflits entre joueurs du Barça et du Real, avec en plus les Basques qui boudent tout seuls dans leur coin et qui ne veulent pas manger de jamon iberico.

Cette explication a sûrement une part de vérité, mais en disant cela on oublie que les équipes nationales espagnoles ont obtenu d’excellents résultats dans différents sports collectifs: ainsi l’Espagne est devenue championne du monde de handball en 2005 et championne du monde de basket-ball en 2006 (si ma mémoire est bonne). Les problèmes d’unité nationale espagnole se ferait moins sentir au hand et au basket? Ou alors c’est parce que ce sont des sports moins exposés médiatiquement et donc les tensions régionalistes s’y expriment moins? Peut-être.

La faiblesse des résultats de l’équipe nationale tient peut-être aussi à ce qui fait le succès du football des clubs, à savoir sa capacité à attirer les meilleurs joueurs mondiaux, laissant ainsi moins d’opportunités aux jeunes talents espagnols pour s’exprimer et s’épanouir. Exemple: Fabregas, qui s’est expatrié à Arsenal où il joue tout le temps, alors qu’il ne figurait jamais dans le groupe pro au Barça. Si cet argument tenait il y a quelques années (notamment au moment de la coupe du monde 98, où l’Espagne n’était pas sortie vivante du groupe de la mort) cela semble moins vrai aujourd’hui.

Autre explication, avancée par Luis Aragones, interviewé dimanche dernier dans Téléfoot par Luis Fernandez (au fait, il s’est mis au hip-hop ou quoi?), qui disait que le problème de l’Espagne était avant tout d’ordre physique, qu’elle avait un jeu fait pour jouer haut et monopoliser le ballon et que dès qu’elle devait courir après le ballon elle était au supplice. En clair, les joueurs espagnols ne seraient qu’une bande de jamones. Au passage, Aragones en a profite pour se racheter une virginité par rapport à sa sortie sur Thierry Henry et les noirs: il a dit que maintenant que l’Espagne était devenue un pays d’immigration, elle allait comme la France pouvoir aligner des joueurs originaires d’Afrique, ce qui allait lui permettre de combler son déificit physique (c’est l’opinion d’Aragonès). On verra.

Il y a un autre facteur qui contribue beaucoup à faire passer les Espagnols pour des loosers, c’est le côté “Trompette” (voir ici pour une définition de ce terme en parler marseillais, bizarrement sur un forum du PSG. Comme quoi, c’est pas parce qu’il y a de la haine qu’il n’y a pas d’intérêt réciproque) de la presse ibérique, qui malgré la succession d’échecs qu’a connu l’Espagne, annonce à chaque nouvelle compétition internationale que cette fois-ci c’est bon, “on va gagner”. Dans cette veine, le sommet a été atteint le jour du 8e de finale de la coupe du monde 2006 avec le désormais fameux “Vamos a jubilar Zidane“.

Tableau récapitulatif de la loose espagnole en foot.

Dernière chose, les Espagnols n’ont pas de paroles à leur hymne national (la marcha real). Donc pour eux c’est pas facile de se transcender en chantant leur hymne avant le match. D’ailleurs ils ont voulu remédier à ce problème il y a quelques mois en lançant un appel à contributions public pour trouver des paroles à leur hymne. Il y a bien eu un gagnant, mais après ils se sont tellement embrouillés sur les paroles élues qu’ils ont préféré les retirer. Donc ils continueront à chanter “la la la” pendant leur hymne. Syndrôme belge.

Enfin bon, on théorise, on théorise, mais je pense qu’il y a pas mal de théories sur l’équipe de France (“championne du monde des matchs amicaux”) qui ont disparu après la période 98-2000.

Et puis tout ça, c’est parce que les Français ils avaient mis de l’Orangina dans le Coca d’Arconada, parce que s’il avait bu que du coca, ça serait jamais arrivé et l’Espagne serait devenue championne d’Europe

L’Espagne enfin conquérante? Rendez-vous en juin prochain, et en attendant, premiers éléments de réponse demain. Vale!

2 commentaires

  • España – Russie 4 – 1

    France – Roumanie 0 – 0

    Alors…

  • Alors? Alors tant mieux pour l’Espagne. Cela dit, c’est pas parce qu’on cartonne au premier tour qu’on va loin dans la competition ou qu’on la remporte. La chance de l’Espagne ce coup-ci sera peut-etre de ne pas etre ravagee par les antagonismes entre joueurs du Barca et du Real.


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