La citiation du jour, Frédéric Antonetti, suite au match OGC Nice – OM, comptant pour la 24e journée du championnat de France de football, 2007-2008:
“Au foot, ça sert à rien de pleurer. J’ai vu tous les matches de l’OM. Chaque fois qu’il y a une erreur d’arbitrage en leur défaveur, ça rameute les foules et ça paye. C’est un travail de longue haleine. Le premier but vient d’un coup franc alors qu’il n’y avait pas faute. Mais bon, c’est la règle du jeu. Je suis très déçu pour les joueurs, ils ont tout essayé. Mandanda a été déterminant et chanceux. Il aurait fallu plus de finesse dans la relations milieu-attaque”.
Décidément Antonetti est très modeste et il est prêt à tout pour que personne ne dise que c’est un très bon entraîneur et que les résultats que son club obtient avec l’effectif à sa disposition sont admirables.
Décidément aussi, le dossier de l’arbitrage est loin d’être refermé.
Je trouve ça paradoxal de commencer une lamentation pareille par “au foot ça sert à rien de pleurer“, mais passons.
On voit ici à quel point le dossier de l’arbitrage est complexe: chacun est d’accord qu’il faut tout mettre en oeuvre pour garantir la neutralité de l’arbitre, mais en même temps, chacun voit combien cette neutralité est fragile, combien les arbitres sont suceptibles d’être influencés par des pressions extérieures, ou tout simplement écoutent ce qui se dit sur eux. Du coup, en même temps qu’on souhaite la neutralité des arbitres, on voit qu’il sont en permanence soumis à des forces et personne ne veut être le dindon de la farce. Conséquence: tout en sachant qu’il vaudrait mieux éviter, chacun ne perd jamais une occasion de mettre un petit coup de pression médiatique (alors que ça ne change strictement rien au résultat du match) en pensant au coup d’après. Tout le monde sait bien que l’arbitre fait partie du jeu, que c’est difficile d’arbitrer, que l’arbitre peut se tromper et que, en principe, les “erreurs s’équilibrent sur l’ensemble d’une saison”. Mais en même temps, chacun anticipe les déséquilibres que vont tenter de provoquer “les autres” et ne peut s’empêcher de réagir de manière virulente. Il me semble que c’est un jeu à somme nulle (comme disent les économistes), mais, effectivement, on ne voit pas trop comment on pourra en sortir.
Pourtant, il serait temps que les acteurs du football professionnel prennent leurs responsabilités, parce que je crois que ce genre de sorties médiatiques, de même que le spectacle des contestations permanentes des décisions de l’arbitre par les joueurs sur les terrains au plus haut niveau du foot français, exercent des effets puissants sur ce qui se passe sur les terrains de la “France d’en bas” du foot. Il y a encore eu récemment des cas d’agressions d’arbitres par des joueurs et je ne pense pas qu’il s’agisse d’un “emballement médiatique” parce que la violence dans le sport est actuellement un sujet “chaud”. ça ne dédouane évidemment pas les auteurs de ces actes, mais je pense que le dénigrement systématique des arbitres contribue à fragiliser leur position sur les différents terrains de France et de Navarre.
Certes, récemment “l’arsenal répressif” contre les auteurs d’agressions d’arbitres a été renforcé (pourquoi pas?), mais on voit en l’espèce que ça ne règle pas tout.