Hier, en 16èmes de finale aller de la Coupe de l’UEFA, l’OM a battu le Spartak Moscou 3-0. Après une bonne première mi-temps terminée sur le score de 0-0, l’OM a su accélérer et trouver la faille. Les joueurs de Moscou ont semblé souffrir physiquement en deuxième période, en raison peut-être de leur manque de compétition. Mais il faut se méfier de cet argument: l’OM s’était fait sortir de la compétition à la même période de l’année il y a 1 ou 2 ans, par le Zénith St Pétersbourg.
Nasri et Valbuena ont été bons, de même que Cana (notamment en défense centrale en deuxième mi-temps). Pour moi Cheyrou a été le meilleur joueur de l’équipe. Cissé a fait preuve de sa volonté habituelle, par contre, j’ai rien contre lui mais il a vraiment un registre limité, avec de grosses difficultés à provoquer balle au pied s’il n’est pas déjà lancé dans la profondeur. Utile néanmoins à l’équipe.
Bordeaux n’a été battu que 2-1 par Anderlecht et conserve donc des chances de qualification. Le public français peut- continuer à “rêver” d’une finale Bordeaux-Marseille (au moins on serait sûr qu’un club français gagnerait).
La coupe de l’UEFA est vraiment une compétition bizarre. C’est clair que la Ligue des Champions lui fait de l’ombre, et que le système des poules à l’automne est une calamité, mais en même temps elle bénéficie justement des excès de la C1, qui propose systématiquement les mêmes oppositions entre les mêmes équipes (Barça – Chelsea, on va finir par se lasser), provenant systématiquement des mêmes pays. De ce point de vue-là, la Coupe de l’UEFA représente une vraie respiration, et permet de voir des équipes moins connues, des styles de jeu différents et des rencontres plus ouvertes: ainsi ces dernières années, on a vu briller des équipes comme Alavès, Feyenoord, Galatasaray, le Celtic Glasgow, l’AZ Alkmaar, le Steaua Bucarest, le CSKA Moscou, le Sporting Portugal ou l’Espanyol Barcelone. Toutes ces équipes n’ont pas ou n’avaient pas les moyens d’obtenir de bons résultats en C1 et là elles ont offerts du spectacle au public et de la joie à leurs supporters. Dans certains cas, c’est d’abord en Coupe de l’UEFA que se sont (re)construites des équipes qui allaient briller en C1 (Liverpool, F.C. Porto, F.C. Séville). Depuis le début des années 2000, on a eu de très belles finales, notamment en 2001 (Liverpool – Alavès, 5-4 après prolongations), en 2002 (Feyenoord – Dortmund, 3-2), en 2003 (F.C. Porto – Celtic, 3-2 après prolongations) ou encore en 2007 (F.C. Séville – Espanyol Barcelone, 2-2, pénalties): en somme, des finales riches en buts et en rebondissements.
Les clubs n’aiment pas trop cette compétition parce qu’elle n’est pas rentable avant les quarts ou les demies finales et qu’à l’automne ils préfèrent se focaliser sur leur championnat national plutôt que sur un mini-championnat où on doit jouer des équipes qui ne font pas toutes rêver. Il n’empêche, cette compétition devient souvent passionnante à partir du mois de mars, et les équipes et leurs supporters peuvent y construire une belle aventure (Cf. Marseille, lors de la saison 2003-2004, où l’OM a éliminé Newcastle, l’Inter et Liverpool, avant de perdre en finale contre Valence).
Cette année encore, le plateau est très relevé pour le début des éliminations directes. Imaginez un peu, pour parvenir jusqu’en finale, l’OM pourrait jouer successivement:
Spartak Moscou, Villareal, le PSV Heindoven, la Fiorentina, pour affronter finalement le Bayern Munich.
Bien évidemment, les résultats des confrontations directes sont tellement aléatoires qu’il y a peu de chances que l’OM soit confronté à (et réussisse) un tel parcours. Il n’empêche, la Coupe de l’UEFA reste une compétition intéressante et on ne comprend pas pourquoi les clubs français raisonnent à si court terme et ne consentent pas à s’y investir un peu plus.